L'Araignée
Lorsque tu es venue t'installer chez moi
Souviens-toi
Tu n'avais pas été invitée.
Sans t'annoncer, sans frapper
Tu es rentrée
As déposé tes valises
Et décidé de rester.
Je n'ai pas tout de suite compris
À quel point tu changerais ma vie.
Et j'ai même cru au début
Que tu allais me rendre service
Réussir à me faire effacer
Toutes mes douleurs, mes terreurs
Ôter mes regrets, mes peurs.
Et puis
Petit à petit
Comme une mygale infernale
Tu as tissé dans ma tête
Un labyrinthe digne de Pan
Une toile dévorante, infecte
Pour que je m'y perde
Errant
Et Accablé de néant.
Ainsi tu as volé
Le meilleur de mes souvenirs
La douceur de mes amours
La folie de mes rires.
Tu as pris jusqu'à mon essence
Mon âme
En gommant même de ma mémoire
Les visages, les pleurs, les sourires
De ceux que j'ai tellement aimé
Qui m'ont donné tant de plaisir
Et m'ont aidé à respirer.
Je me suis mis à te haïr
Te détester
Vouloir te faire disparaître
Te fuir
T'écraser
Même t'anéantir.
Mais comble de l'ignominie
Cruelle et sans pitié
Cela aussi
Tu as réussi
À me le faire oublier.
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