La Colère
Sombre.
Torrent de lave, elle gronde
Du tréfonds de nos âmes, abondent
Rêves insoumis et défis invaincus.
Façonnant mémoire et espérance
En un dédale nauséabond,
Elle enserre sur nos pieds, le poids de nos regrets.
Tissant de ses mains, araignée venimeuse,
Une dentelle de chagrin et de remords sans fin.
Elle sourit, même rit, en regardant son œuvre
Bouquet de pleurs lié par un ruban d'épines
Puissante, infatigable
Toujours prête à bondir
À chaque instant du jour, mieux encore de la nuit,
Où l'air se fait plus dense et les ardeurs intenses
Ambroisies sirupeuses gavant son infernal ego.
Elle applaudit, debout,
L'enfant qu'on a bercé, trop fort, épuisé par ses pleurs,
La femme qu'on a battue, à tort, enivré par l'alcool,
L'homme qu'on a broyé, à mort, écrasé de fureur,
Elle jouit, indécente, car elle a bien compris
Que même apprivoisée, à chaque instant de vie,
Grisée par le malheur,
Elle pourrait ressurgir.
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