Vade retro Vanitas !
Que le grand fourbe et ses suppôts la briffe !
Nul besoin des autres pour me sentir aimé
Estimé, adulé, je suis de moi-même le premier passionné.
Ma superbe en impose, je crache sur la fierté, vomis l'humilité.
Voir le monde à mes pieds, nul ne peut m'égaler
Alexandre, le grand Khan et tous les conquérants
Me doivent le respect et n'existent que par moi
Qui leur ai insufflé l'envie irrépressible, de fouler terres lointaines
Déflorer les sommets et mater l'océan.
Par mon fait, certains hommes, se croyant dominants,
Ont soumis, décimés leurs frères et la nature
Si je pouvais, m'inclinerais devant tant de souillures
Trop heureux d'inspirer tant d'esprits éclairés.
Rien ne m'arrête, ni horloge, ni tempête
Je suis l'arcane majeur, brillant,
La quintessence même des géants
Aucun Homme ne me résiste
Caméléon je suis,
Et me gave avec délice de la couleur du temps.